Où suis-je ?

Qu’ai-je fait ? Que dois-je faire encore ? Quel transport me saisit ? Quel chagrin me dévore ?

Alors que j’étais en terre étrangère, un inconnu dans un bar m’a dit un jour : « On aime un endroit plus grâce à l’état dans lequel on se sent quand on y va qu’à cause de l’endroit en lui-même. » Mais c’est alors refuser l’énergie qui se dégage d’un lieu, c’est refuser que l’environnement puisse interagir avec l’humain et le transformer. C’est dénier les rencontres qui nous bouleversent. Je réfute donc cette théorie.

Et tous ces mots fragiles ne sont qu’une humble tentative de partager ma propre théorie sur les mondes qui nous renversent et nous révèlent l’infinité de versions de nous-même que nous avons en notre possession…

Si le voyage est devenu l’essence de mes errances poétiques, c’est parce que j’adore l’idée de m’essayer à ce que j’aimerais appeler l’Impressionnisme de l’écriture… Lorsque le courant pictural est né au milieu du XIXème siècle, il s’agissait pour les peintres de noter leurs impressions fugaces, la mobilité des phénomènes plutôt que l’aspect stable et conceptuel des choses. Ainsi, lorsque j’écris sur les paysages, les rencontres, les endroits de mes vagabondages, je tente de transcrire ma sensation éphémère, je pioche au hasard les mots qui me transpercent et qui par un curieux phénomène sont un fragment ou l’entièreté de ce que j’ai vu, entendu, senti. L’aspect stable et conceptuel des choses importe peu. Ce qui est jeté sur le papier n’est qu’Impression soleil des nuées. Ce qui demeure est une invitation au voyage pour qui me lit et me comprend.

Aujourd’hui, je décide de rendre ces écrits un peu plus publics, espérant que certains se retrouveront entre certaines lignes, que d’autres prendront leurs sacs à dos et leurs grandes ou petites jambes par la main pour explorer le village voisin ou l’autre bout du monde, que d’autres encore y verront une belle échappée sans bouger, que certains autres n’y verront peut-être même aucun intérêt parce qu’il faut de tout pour faire un monde…

Sur cette toile d’araignée infinie et internationale, je vais raconter des histoires, mes histoires, présentes ou passées, mes histoires sans fin, irréelles et immatérielles. Et au milieu, j’égrènerai peut-être en passant, au gré de mes savoirs et de mes envies, les conseils idiots ou nécessaires pour le prochain vagabond aux poings crevés…

Justine

Nous sommes partis
L’un à côté de l’autre
Au bout de la rue
Au bout du monde
Qu’importe
Nous sommes partis
Et déjà nous ne sommes plus les mêmes
Nous avons laissés là
Au point de départ
Une part de nous-même
Nous sommes partis
Laissant notre passé

Derrière nos pas
Pour un nouveau départ

Un homme vit et un homme meurt
Et entre ces deux éternités
Il part
Pour une nouvelle vie
Un autre départ
Nous sommes partis
L’un après l’autre
Laissant derrière nous
Qui nous étions
Ceux que nous ne serons plus jamais
Nous sommes partis
Ensemble
Côte à côte
En sens opposé
Qu’importe
Nous sommes partis
Et déjà nous nous arrachions à nous-même
Nous quittions une part de notre être

Nous sommes partis
Résolument
Obstinément
Car il nous faut partir
Pour commencer
Pour re-commencer

Pour vivre
Pour re-vivre
Nous sommes partis
Avec joie avec entrain
Nous sommes partis
Main dans la main

Kinsale – 15/03/2016


Une réflexion sur “Où suis-je ?

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