Voyager et contempler la mer de nuages

… Prendre un crayon, un clavier, un carnet, une serviette en papier, ce qui nous tombe sous la main dans cet instant fiévreux où l’on dessine, de façon infime, de façon intime, ce qui nous traverse lorsque l’on part… Non pas lorsque l’on part, lorsque l’on va, d’un endroit à un autre. Lorsque notre âme s’enracine ou vole en éclat. Ou bien les deux. Et trouve les interlignes, les bifurcations de qui l’on est, fugaces, muables et changeants au grès des vents. Et se donne la liberté d’être bleue de la mer agitée un jour et rouge de la terre aride le lendemain.
… Prendre une plume, un minitel, un parchemin, une serviette de table, ce qui est à la mode ou à notre envie et raconter à toi, à moi, à nous, à vous, ces fulgurances qui nous transforment, ces infinités qui nous émeuvent, ces réalités qui nous dégoûtent, ces éminences qui nous transcendent, ces papillons qui nous transmutent.
… Prendre un stylo, une machine à écrire, un cahier, une serviette de bain, ce qui défile aussi vite que notre pensée et chanter en quelques mots, en plusieurs phrases, les mondes contenus dans un arbre, une personne, un océan ou une île… Ces lieux qui nous transpercent et qui ne sont nôtres que pour un éphémère instant parce qu’on y dépose notre sac au dos ou notre âme toute entière. L’espace d’une seconde. Le temps de toute une vie.

Ou au moins essayer…

Le Voyageur au-dessus de la mer de nuages, Caspar David Friedrich

Impromptue immobile #3

[23/10/2020] « La Muse est en vacances »

L’humeur automnale s’est emparée de mon cœur, la Muse de l’écriture est en vacances depuis la fin de l’été mais je sens les prémices de l’inspiration poindre entre les gouttes de l’été indien, je sens mes mots s’impatienter dans l’encre de mon stylo, je sens ma poésie revenir à grand galop entre les volutes de brouillard… Et avant de m’abandonner à cœur perdu à l’entrelacement de mes idées sur une page interlignée, j’ai voulu, immatériellement, vous donner quelques nouvelles presque mobiles. 

Le scoop de la saison étant sans conteste la parution de ma première pièce de théâtre, Résistantes ! – écrite il y a huit ans et qui a fait ses preuves sur scène depuis – aux Editions Muse. Alors, je vous le concède, je digresse un peu de mes Mondes Fugaces puisque ça ne parle pas de voyage, c’était bien avant que mon âme ait la bougeotte et se fasse vagabonde comme une première nature ; mais l’écriture, quelque soit sa forme, n’est pas elle toujours une occasion de plus de s’évader sans un mouvement ?  En plus, ici, si on ne voyage pas dans l’espace, on se télé-transporte incontestablement par mon deuxième type de voyage préféré : le voyage dans le temps !

Par ailleurs, malgré les tempêtes de vent de l’automne si chères à mon état d’âme, parce que la Muse de l’écriture est aussi en vacances pour mes récits errants, mon été romain se languit interminablement sur vos écrans, mes mots n’ont pas achevé mes aventures dans la ville éternelle. Ainsi, je vais encore vous distiller avec parcimonie quelque rab d’été par ici avant que l’hiver ne soit véritablement là…

Et avant de vous quitter, je voudrais vous lancer une injonction à la vie, vous faire une profession de joie, lancer un appel au bonheur ! Je ne m’égosillerai pas dans les tirades adolescentes et révolutionnaires de mes vingt ans car j’ai passé l’âge et que, dans la griserie de cette année 2020 qui nous met à l’épreuve, toute colère serait contre-productive, et pour vous, et pour moi… Je lancerai donc une utopique bouteille à la mer ébauchée, je chanterai simplement et naïvement que si tout ce que l’on accepte d’être empêché se fait au nom de la vie, afin de nous garder sains et saufs, n’oublions pas de vivre par pitié, n’oublions pas d’être vivants justement, dans le sens le plus large du terme, et trouvons tous les moyens qui sont à notre disposition pour garder nos projets de bonheur intacts. Les bouffées de théâtre intempestives entre deux masques remplaceront les tirades de Victor Hugo, les soirées Piña Pyjamas adouberont les Tournées des Grandes Duchesses, les Piliers de Comptoir feront le guet des soirées clandestines à six… Et peut-être alors, nous serons imperméables au tohu-bohu de la peur, nous aurons la grâce et la force de notre silence intérieur et nous ne subirons pas Demain car nous aurons préservé la Vie dans son essence la plus flamboyante, car nous aurons réinventé notre moyen d’être au monde pour le meilleur ! 


  • Vacances Romaines – Jour 6

    15 septembre 2020 par

    Odeurs. Rome est belle, Rome est un raz de marée d’Histoire, Rome est un espace hors du temps et de la réalité. Rome est fascinante, mais ce soir, Rome n’est plus qu’une seule chose : Rome est pestilentielle. A vrai dire, ce n’est pas uniquement ce soir mais, ce soir, cela me prend au nez,… Lire la suite

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