BILLET D’HUMEUR #10

Comme un dimanche où l’on voudrait que les nuages racontent des histoires dans le ciel mais qu’à la place la voûte se rapproche des 50 nuances de gris, tirant plutôt sur le blanc à faire mal aux yeux, à mettre nos lunettes teintées alors qu’il n’y a même pas de soleil
Comme un dimanche où l’on a envie d’entendre les arbres bourgeonner et les bourgeons fleurir mais qu’à la place le cuicui urbain des oiseaux prend tout l’espace sonore, réinventant l’opéra, la musique de chambre ou de salon, le concerto en mi bémol
Comme un dimanche où l’on rêve d’une grande table familiale dans un champs de fleurs après la chasse aux œufs et le premier rosé de la saison mais qu’à la place la table s’étale sur le plancher des vaches autour d’un trio qui picore et piaille pour 1000, du rire dans les yeux, du sourire dans la voix
Comme un dimanche où l’on prêche le renouveau, où les pots au balcon attendent non plus le tison mais bien le bourgeon mais qu’à la place c’est le pigeon qui fait sa loi et que l’on se rend au pays de la plante pour livrer combat
Comme un dimanche où la journée a pris une heure de plus, grignotant quelques secondes de sommeil, pour un coucher de soleil en retard, pour un coucher de soleil en fanfare
Comme un dimanche où tout a goût de dimanche, où rien ne ressemble à l’enfance, où tout est comme aujourd’hui, où rien n’est comme avant, ni comme après d’ailleurs, où tout est à rêver, où tout est à penser
Comme un dimanche où la réalité est aussi poétique que ce qu’on aurait pu imaginer pour la simple et bonne raison qu’elle a le mérite d’exister
Comme un dimanche de printemps où je prends le temps de l’écriture pour le plaisir du souvenir
Justine T. Annezo – 31 mars 2024 – GTM+2