CARTE BLANCHE #21

Pendant plusieurs semaines, je me suis réveillée chaque nuit à la même heure. Trois heures. Pour commencer une belle insomnie d’une à deux heures. Pourtant moi, je suis plutôt du genre à faire des insomnies du soir. Avant de m’endormir. Je suis pas du genre à cogiter en plein milieu de mon sommeil. Quand je suis allée chercher la signification de cette heure, j’ai découvert qu’entre trois et cinq heures du matin, c’est l’heure de la tristesse et de la perte. Une perte, au sens propre comme au figuré, est en train de nous laisser un sentiment de vide intérieur et l’on n’est pas encore ressourcé émotionnellement. J’étais belle et bien triste et je me préparais définitivement à un deuil symbolique.
Chaque nuit
C’est le même réveil alarmé
D’abord une légère léthargie
Puis soudain le soubresaut
C’est l’heure du cœur qui brûle
C’est l’heure du cœur qui pleure
Cette heure de passage au milieu de la nuit
M’a déjà traversée
Comme une tendre stupeur
Sans me réveiller
Mais en ce moment mon cœur brûle
Ca bat la chamade
Ca me réveille en sursaut
Ca active toutes mes pensées
Ca attise tous mes dangers
C’est alors que s’installe l’insomnie
Je fais le deuil nocturne
Que je ne peux faire à la lumière diurne
Mon cœur presse Mon cœur serre
Des flammèches de tristesse
Se diffusent dans chaque parcelle
Chaque membre irradie
Et ça brûle de tristesse
Seuls les bras absents
Eteignent l’incendie
Mais les bras absents
Etreignent d’autres nuits
Alors j’embrasse l’heure du cœur qui brûle
Je fais ma prière au crépuscule
Et à l’aurore je bascule
Pour faire honneur à l’heure du cœur qui pleure
Justine T.Annezo – 4 février 2026 – GTM+2