CARTE BLANCHE #25

Voir où ça me mène. Où ça m’amène. D’écrire sans but. D’écrire aujourd’hui. D’écrire pour demain. D’écrire sans sujet. D’écrire automatique.
Voir où ça me mène d’écrire sans peine. Après avoir lu des poèmes.
Voir ce que ça fait d’écrire le vide.
Le rien.
La flemme sans la flamme.
L’envie d’avoir envie comme disait Johnny. Mais sans allumer la mèche.
S’autocensurer. S’automutiler ?
Parce que ce vide est plein. Mais ce vide est intime. Alors taire. Les maux et les mots.
Poser au hasard et sans piano.
Le vide de ce que je voudrais écrire. Parce que je voudrais le vivre. Encore. Le vide de lire ce que je sens. Ce que je sentais. Ce que je ressentais.
Jeter au hasard. Sans but. Sans entrain. Pour donner un sens. Pour rendre ce néant beau. Pour au moins en faire un poème.
Mais vouloir invoquer plutôt. Comme Céline et ses marabouts d’Afrique.
Vouloir invoquer plutôt. Que ces mots qui ont transcendé les maux. Agissent comme par m-agi(t)-e.
Mais rien.
M’autocensurer. M’automutiler.
Tout ce qui me traverse est secret. Un mystère jalousement gardé.
Plus envie de montrer. Plus envie de dire.
Je veux vivre.
Mais tout mon univers n’est que… Même ce « je » j’ai envie de m’en débarrasser. Pour moins m’exposer. Pour que ce soit un peu moins moi. Pour me distancier de ce qui me traverse. Pour ne pas me livrer comme au monde entier. Parce que mon monde est fêlé.
Voir où ça nous mène. Où ça nous emmène.
Ce rien qui me compose. Ce Tout qui me déborde et que je n’ai plus envie de nommer.
Je sais même pas ce que je fous là.
Devant mon écran. A taper sur mon clavier comme une perdue.
Le vide. Le vide plein de ce que je ne peux pas dire. De ce que je n’ai pas envie d’écrire.
Juste envie de rêver les yeux fermés. Et laisser mes rêves s’écrire dans la nuit.
Justine T. Annezo – 2 avril 2026 – GTM+2