Sur l’Archétype du Verseau : RAPHAËL
7/07 – 11h30 : Je lance finalement avec une demi-heure de retard (et un jour, si on compte que j’avais prévu de commencer hier !) ma playlist du Verseau sur Spotify pour me mettre dans l’ambiance (et que j’écoute d’ailleurs toujours alors que je vous écris ici). Enfin MA, celle que j’ai trouvé sur Spotify, faut pas déconner non plus, je suis déjà à la bourre, j’ai pas en plus pris le temps de faire une playlist pour chaque signe ! Les premières notes d’Aquarius de Galt MacDermot & Tom Pierson envahissent mon espace sonore. Oui, j’ai bien écrit EN-VA-HIR (mais c’est toujours mieux que le bruit assourdissant des travaux à mon balcon) ! Le titre est bien choisi* mais ce n’est définitivement pas ma tasse de thé cette énergie du Verseau !
Je m’en suis même fait une insomnie il y a deux nuits… Franchement, moi qui voulais recommencer en douceur, qui souhaitais me réconcilier avec ma peur de l’échec en y allant piano piano, voilà-t-y pas que je me/nous pioche la carte du Verseau. Quand j’ai organisé mon premier cours d’écriture en janvier, j’avais déjà tiré au sort le Verseau, pour m’amuser, pendant que les participantes faisaient les exercices proposés, et je ne m’étais pas amusée. DU TOUT ! J’avais bloqué m’ssieurs, dames !
Alors mercredi soir, rien que d’y penser, je m’en suis fait des sueurs froides et des nuits blanches…
Certains astrologue (dont je suis) diraient que je fais du rejet du Verseau à cause que c’est mon Noeud Nord et que je sais pas comment m’y prendre pour entreprendre mon chemin d’évolution. Ma première réaction malpolie de mauvaise foi sera : « je vous emm**de ». Ma deuxième réaction malpolie de très mauvaise foi sera toujours : « je vous emm**de ». Mais dans le secret de mon coeur, je sais qu’ils ont un peu raison.
Après, je tiens à spécifier que je n’ai rien contre les Verseaux… que je connais déjà ! Haha ! Celles qui font partie de ma vie (oui parce que c’est plutôt des femmes, j’ai même parlé d’une par ici), je les aime de tout mon coeur, elles me font sortir de ma zone de confort dans la joie et la bonne humeur, et j’ai une certaine forme d’admiration pour elles. Mais les autres, j’ai un peu de mal avec leur détachement que je suis parfaitement incapable d’appliquer à ma vie (certains diront que, par conséquent, je les admire peut-être aussi un peu…) et aussi leur pédance intellectuelle, il faut bien le dire…
Bref, passons sur mes problématiques relationnelles avec les Verseau parce que finalement, il y a quand même un petit clin d’oeil de l’Univers. Nous sommes le 7/07 d’une Année Universelle 7 et le Verseau est relié au Nombre 7.
Cette révélation débloque le champs des possibles en moi et après une demi-heure de prises de note et autres rituels de mise en place, je me lance sur mon clavier, protégée par l’Ange Raphaël…
Oui, hier quand je me suis endormie, je lui ai trouvé un nom à mon Verseau inventé aux airs de Petit Prince de St Exupéry : Raphaël. Je pars donc en voyage avec Raphaël en tâchant de répondre à la contrainte d’écriture que je me/nous suis fixée : Biographie d’une société et/ou d’un collectif.
Je ne sais pas comment ça commence, je ne sais pas comment ça finit mais je me laisse porter par ma playlist entêtante qui, reconnaissons-lui quand même ses vertus, me met bien dans l’ambiance qui m’inconforte… Je ne sais pas comment ça commence, je ne sais pas comment ça finit, ça fait des lustres que je n’ai pas vraiment ouvert la porte de mon imagination sans jugement ni limite (relative aujourd’hui) de temps. Et je ne m’arrête plus, une idée en entraîne une autre – serais-je subtilement traversée par les illuminations du Verseau ? – ; quel plaisir, quelle folie ! Je sens littéralement l’histoire se construire d’une idée à l’autre au fil de mes mots sans queue ni tête. Car c’est un gros monstre pour l’instant, c’est en désordre ; ce sont des morceaux disparates posés ça et là mais au bout de deux heures, j’ai l’essentiel de mon squelette, il ne me reste plus qu’à y mettre les tendons, les muscles, l’enveloppe corporelle…
Je me sens tellement heureuse. Et puis, je peux le dire, je suis un peu fière de moi. De m’être offert ce cadeau estival pendant 24 jours. De me donner les moyens de réaliser quelque rêve.
Je suis contente comme une enfant qui a retrouvé son jeu préféré.
Je suis en parfaite adéquation avec les deux cartes que j’ai tirées pour lancer mon mouvement d’écriture : le Six de Coupe et son harmonie ; l’Impératrice et son élan créateur qui accouche de nos projets.
Depuis mon stage d’écriture au Canada, j’ai mis en place ce petit rituel de tirage de carte avant de me lancer dans mon espace d’écriture. Normalement, c’est pour inspirer mes récits mais, ce matin, je pense qu’il y a eu quelques confusions et ce tirage reflète plus mon état que mes inspirations.
8/07 – 7h30 : Cette fois-ci, je m’y mets au lever du jour. Il me faut organiser tout ça. Sauf que je me remets à bloquer, c’est terrible ces choses-là. Parce que l’échéance de ce soir approche et que j’ai, bien-sûr, peur de manquer de temps. Je change d’espace pour me remettre les idées en place. Je m’enfile une théière de thé (quelle idée d’avoir voulu commencer sans ma traditionnelle cure de thé matinale !). Et me voilà repartie sur les chapeaux de roue, je me concentre sur mon entrée en matière qui va me permettre de poster mon texte quasi-journalier (et répondre à mes propres règles du jeu). La playlist part complètement en sucette à me passer du Sardou, CloClo et compagnie (à quel moment le lac du Connemara ressemble au Verseau !). Et à 11 h, j’ai relevé le défi du texte en 2200 caractères (avec de nombreuses coupes et réajustement du texte original!) que je vous partage bien sûr dans la foulée.
8/07 – 11H45 : Je reprends la marche de l’entièreté de la nouvelle, je m’amuse comme une folle !
8/07 – 13h32 : le fichier Word plante et je perds tout ce que je viens d’écrire sur la dernière heure, heureusement, je me rends compte que toute une partie a été écrite hier (et donc sauvée). Une partie de ce que j’avais écrit et dont j’étais si contente m’échappe néanmoins et ne reviendra jamais (ou peut-être dans mon sommeil, qui sait ?)… Faisons confiance aux illuminations Verseau (à defaut de pouvoir se fier à ses nouvelles technologies ^^).
8/07 – 15h44 : Je me rends compte que je n’ai pas suivi ma propre règle ! Tout mon récit est à la première personne même si le narrateur est, à ce moment-là du récit, en observation de ce qui l’entoure. Il est trop tard pour tout changer dans ma nouvelle complète, je me suis trop attachée à ma petite histoire dans cette version-là (et voilà, si j’étais Verseau, je serai beaucoup plus détachée !)… Mais il est encore temps de remplacer le « je » par le « il » dans ma publication de ce soir…
Raphaël
(Extrait en 2200 caractères max)

Quand Paul pénétra dans la salle surchauffée de la mairie annexe, par ce froid lundi de février, il reconnut certains de ses voisins épars, des parents pour la plupart, la quarantaine bien entretenue, le CDI qui paie les factures, les emprunts et les vacances. Un parfait miroir de sa vie. De la vie qui est attendue d’eux. Il les salua poliment et de loin.
Un (petit) groupe, la cinquantaine bien tapée, l’air empoté, se livrait des discours silencieux mais furieux. Il ne tarda pas à comprendre pourquoi.
L’ampleur du collectif contestataire le prit par surprise. Disparates, fascinants, ils prenaient tout l’espace, physique et sonore, de la pièce. Ils fusaient de couleurs ; au milieu de la grisaille de l’hiver sur les autres visages, des écharpes en laine multicolore, des éclats de rire à des blagues inaudibles, des discussions passionnées sur la dernière injustice universelle, brisaient le silence poli de circonstance. Le plus âgé ne devait pas avoir plus de 35 ans. Ils semblaient presque déplacés dans cette antichambre d’un quotidien dont ils cherchaient à se différencier et dans lequel ils auraient dû être les empruntés. Déconnectés de la réalité pourtant, leur nombre faisaient passer les « autochtones » pour étrangers. Penauds, ils devenaient les excentriques dans leurs tailleurs sombres et monotones ; dans leurs conversations plates et entendues ; dans leurs idéaux frustrés et oubliés.
Dans le brouhaha, le maire annonça le début des débats – « Bienvenue à la 1ère réunion de concertation sur la question du stationnement » – et présenta les participants. Arrivé au représentant des contestataires, un jeune homme prit les devants et la place du maire au micro, sans lui laisser le temps de présenter le dernier camps, c’est-à-dire Paul.
Impétueux mais froid, il avait des airs de Petit Prince débarqué d’une autre planète. A l’instar de ses compagnons, il affichait sa différence, défendait sa liberté de demeurer étrange, avec un certain mépris pour les pauvres mortels attachés à leur confort si ordinaire et banal.
L’œil insolent et rebelle, il lança son premier mot libertaire, prêt à semer la zizanie au nom de sa cause.
Justine T.Annezo – 8 juillet 2023 – GMT +2
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