Spécial Confinement : L’Irlande dans son salon

Sommaire

1. Réveil
2. Petit déjeuner
3. Pause lecture
4. Us et coutumes
5. Snack
6. Pause Série TV
7. Happy Hour
8. Soirée cinéma
9. Digestif

Parce que je suis convaincue qu’il y a des millions de façon de voyager, que l’on peut continuer à s’évader même dans trente mètres carré, que l’on peut recréer l’Amérique au fin fond de la Creuse ; en cette période exceptionnelle d’enfermement, j’ai eu l’envie, l’idée, de proposer une série « Spécial Confinement » : Le Monde à portée de main. Suivant les pas vagabonds de la voyageuse que j’ai été pendant huit mois, je vais ainsi vous proposer de faire étape en Irlande, en Islande, en Alaska, dans les provinces occidentales du Canada et dans certains Etats unis d’Amérique ; parsemant des avis vestimentaires, des idées culinaires, des conseils littéraires / musicaux / cinéma, et tant d’autres….

En cette saison printanière où les giboulées de mars nous font des poissons d’avril, il me semble opportun de s’adapter au climat et de commencer notre périple en appartement par une destination aux quatre saisons en une journée. Fidèle à mon âme sœur cachée au creux de la tourbe humide du Donegal, je vous propose donc que notre premier Pays Imaginaire soit L’IRLANDE !

Il pleut
C’est malheureux
Il pleut depuis ce matin
Il veut
S’emparer de mon être
Sans paraître malhonnête
Il pleut
Dans ces gouttes de pluie
Mes doutes s’enfuient
Je ne m’ennuie plus
Il pleut
Mais ce n’est pas la pluie
Qui occupe mes nuits
Il pleut
C’est malheureux
Il pleut depuis ce matin
Il veut
Faire de moi une reine
Est-ce que j’en vaux la peine ?
Il pleut
Dans ces gouttes de pluie
Mes doutes s’enfuient
Je ne m’ennuie plus
Il pleut
Mais ce n’est pas la pluie
Qui occupe mes nuits

Il pleut, Emilie Simon

Fáilte go hÉirinn !*

1. Se mettre au vert

Vous vous éveillez en ce petit matin de printemps confiné, vous ouvrez d’abord un œil, puis un volet : Il pleut… Mais pas la grosse pluie des chats et des chiens, c’est une bruine qui vous pénètre jusqu’à l’âme et ça vous met le bourdon ! Il pleut, c’est malheureux, il pleut !
Alors pour vous remettre le cœur en joie, vous décidez de partir en vacances dans votre tête… Vous allumez votre MP3, lecteur CD, phonographe ou autres appareil à musique et vous mettez en route U2 ou The Coors, rien de mieux qu’un petit air de rock pour se mettre en jambes ! Et maintenant, comment je m’habille ?
Dans la mesure où il n’y a pas véritablement de costume « traditionnel » irlandais – moi qui m’apprêtais à vous inviter à une reconstitution historique avec ce que vous aviez dans le placard, me voilà confuse ! -, je vous propose donc à la place de vous vêtir de vert des pieds à la tête. Vous n’avez alors pas besoin d’aller en Irlande, vous ÊTES l’Irlande !

2. Le fameux Irish Breakfast

Photo : source internet

Il est maintenant l’heure de vous remplir la panse, de vous faire péter le bide jusqu’à demain. Tant pis, vous remplirez votre attestation pour votre heure de sortie quotidienne plus tard ! Vous êtes tout à vos fourneaux, soyez sûr d’avoir les ingredients nécessaires à tout petit-déjeuner irlandais avant de vous lancer :

* Deux œufs au plat
*De la saucisse (normalement, les Irlandais ont une saucisse « special petit-déjeuner »
mais on est CONFINÉ alors on fait avec les moyens du bord :
saucisse de Strasbourg, de Toulouse, de Morteau ou de Frankfort… faites selon vos goût et vos possibles!)
* Des haricots blancs en sauce tomate
* Une tomate poêlée (je sais, c’est pas la saison, alors, si comme moi,
vous respectez la course du soleil, vous avez le droit de vous en passer!)
* Du boudin noir et du boudin blanc
* Deux-trois tranches de bacon
* Deux tranches de pain beurrées
* Le petit plus facultatif : des champignons
Le tout bien-sûr accompagné de la traditionnelle tasse de thé bien noir
(avec une pointe de lait pour ceux qui aiment)

A table ! (Pour la diététique, on repassera !)
Si vous êtes vraiment perfectionniste (et bilingue…!), vous pouvez pousser le détail à l’extrême en profitant de notre monde hyper connecté et lire l’Irish Times grâce à l’Internet. On vous y dira certainement la même chose qu’en France : le monde est CONFINÉ !

3. S’évader avec les poètes irlandais

Avec toutes ces protéines, vous avez pas commencé la journée que vous êtes déjà fatigué ! Et de toute façon, il pleut (et puis vous êtes CONFINÉ !), alors vous passez du lit au canapé et vous sélectionnez votre rêverie : avec qui décidez-vous de vous évader aujourd’hui ? quels mots feront votre contentement ?

* Une saison en Irlande, Bernard Berrou : Si votre objectif est de lire pour voyager alors ce récit est votre trésor. Je pense que, mis à part mon livre d’Histoire et mon Guide du Routard, ce fut le premier livre que j’ai jamais lu à propos de l’Irlande. Et, alors que je préparais mon odyssée future, il m’a magnifiquement vagabondée dans ses vertes contrées avant l’heure.

* Dublinois, James Joyce : Si vous êtes plutôt du genre citadin, vous apprécierez ces nouvelles qui vous dépeignent la société dublinoise de la fin du XIXème siècle. Mais si vous voulez vraiment vous égarer dans les méandres de Dublin, il vous faudrait mieux vous perdre dans Ulysse et, je ne vous le cacherai pas, c’est une véritable odyssée ! Je n’ai moi-même jamais essayé !

* Les îles d’Aran, John Millington Synge : Si vous préférez rester dans un seul endroit et découvrir une autre facette de l’Irlande du XIXème – celle de l’Ouest sauvage, de l’océan et du monde Gael -, alors c’est ce livre qu’il vous faut dévorer. Synge vous ouvrira peut-être les portes de son théâtre et vous irez même jusqu’à chevaucher l’océan avec Les Cavaliers de la Mer ou errer avec Le Baladin du monde occidental.
D’ailleurs, si vous décidez de rester sur les îles d’Aran, je vous invite à écouter Lasairfhiona Ni Chonaola, native de l’île du milieu, la plus sauvage et la moins peuplée.

* Fille de la campagne : mémoires, Edna O’Brien : Si vous aimez voyager dans les méandres de l’être humain, ce parcours vous touchera particulièrement. Auteure irlandaise à succès, Edna O’Brien revient ici sur son propre parcours et raconte parfaitement l’Irlande traditionaliste d’après la Guerre d’Indépendance et la nécessité qu’ont eut beaucoup d’artistes de s’exiler pour vivre de leur art. Ses romans aussi sont un beau voyage…

* Le testament secret, Sebastian Barry : Si vous êtes un peu girly (mais pas trop) et que vous aimez les histoires faciles à lire, celle-ci vous tiendra en haleine en un clin d’œil. C’est un peu la version irlandaise (en mieux !) du N’oublie jamais de Nicholas Sparks (et comme son cousin américain, le livre a été adapté au cinéma, voir plus bas). Histoires d’amour impossibles sur fond de reconstruction irlandaise, ce roman suit le parcours tragique de Rosemary, enfermée dans un hôpital psychiatrique, qui revient sur sa jeunesse pendant et après la Guerre d’Indépendance. Nous sommes ici aussi confrontés aux limites d’un Etat qui se libère de son oppresseur pour s’en trouver un plus vicieux, venant bouleverser de façon tragique le destin d’une jeune femme ordinaire.

* Les aventures de Soeur Fidelma, Peter Tremayne : Si vous êtes du genre polar au Moyen-Âge, vous adorerez suivre les péripéties de Fidelma, nonne irlandaise au caractère bien trempé, car elle sont l’occasion de découvrir une autre Irlande. Celle du Moyen-Âge, avant l’arrivée des Anglais, dans laquelle la société prospère et l’ancienne religion païenne flirte avec le catholicisme, créant l’exception celtique. L’avantage c’est que c’est une série qui va pouvoir vous occuper pendant toute la durée du confinement s’il venait (encore!) à se prolonger…

* Coupures irlandaises, Kris & Vincent Bailly : Si vous n’êtes pas vraiment féru de lecture mais que vous voulez quand même vous prêtez au jeu, voici ma proposition Bande Dessinée. Nicolas et Cris, deux ados insouciants, se rendent à Belfast pour un voyage linguistique pendant l’été et se trouvent alors pris dans les feux croisés d’une guerre dont ils n’ont jamais véritablement entendue parler : Les Troubles en Irlande du Nord. Cet été là est la fin de leur enfance.

* Les incontournables poèmes de W.B Yeats et Seamus Heaney si votre cœur lit en pointillé.

Perdus dans vos rêveries en prose ou en vers, je vous invite à habiter votre atmosphère sonore d’un petit air irlandais avec The Gloaming. Ce groupe – certes américain – reprend de façon moderne et très subtile des morceaux traditionnels de la culture irlandaise.

Hook Lighthouse

4. Travailler le corps et l’esprit

Après ce moment détente, il est temps de faire un peu d’exercice ! Dans votre salon, votre jardin (si vous avez) ou lors de votre sortie quotidienne si vous n’avez pas froid au yeux (attention, n’oubliez pas votre attestation !), ça va bouger bouger ! Avec un peu de chance, la météo est véritablement à la mode changeante de l’Irlande et la pluie du matin est en train de laisser place à un arc-en-ciel, voire même à un vrai soleil venteux !

Photo : source internet

* Si vous avez la chance d’être confiné dans un espace avec jardin, c’est l’heure d’apprendre le hurling ! Sport ancestral, il fut longtemps interdit sous l’occupation britannique. Ce sport assez brutal se pratique à 15 avec une batte en bois, appelée hurley en anglais et caman en gaélique, et une balle en cuir, le sliotar… Les buts se composent de poteaux de rugby avec une cage de football en dessous. Il faut expédier le sliotar entre les poteaux. Trois points en dessous de la barre (il y a un gardien !) et un point au-dessus (Source Le guide du Routard). J’ai assisté à un match à l’été 2016, c’est incroyable, cela va extrêmement vite ! On n’a pas le temps de compter les points ni de voir la balle passer de joueur en joueur… Comme il y a peut de chance que vous soyez confiné à 15 et encore moins que vous ayez accès à un caman ou à un sliotar, on va faire avec les moyens du bord ! Une balle de tennis ou de baseball feront l’affaire et n’importe quoi qui peut faire office de batte. Ne reste plus qu’à vous entraîner à viser la balle entre deux poteaux (c’est mieux si vous êtes deux pour qu’il y ait un gardien…)

* Si vous êtes en appartement, vos voisins vont peut-être vous maudire, mais vous n’échapperez pas à votre cours de danse irlandaise ! Qui n’a jamais rêvé de virevolter au son de la gigue irlandaise tel un prodige en claquette ? C’est donc le moment de réaliser le rêve de toute une vie et de vous entraîner un peu si vous voulez un jour investir les dance floor irlandais ! Comme c’est bien difficile de vous expliquer ça en mots, je vous renvoie vers The Lord of the Dance pour les ambitieux et un tuto facile pour les réalistes !

* Que diriez-vous d’un petit cours d’anglais irlandais aux allures de géographie pour finir cette petite activité « culture générale irlandaise » ?
Je vous renvoie d’abord vers un article que j’ai écrit l’été dernier pour quelques spécificités linguistiques : How are you doing?
Je vous invite ensuite à vous munir d’une carte de l’Irlande la plus précise possible (Google Map étant peut-être la plus adaptée car vous pouvez zoomer et trouver les noms de villes les plus acadabrants !) et le jeu sera d’essayer de prononcer sans faute les noms gaéliques (et pouvoir les situer sur la carte) de la liste ci-dessous ! A vos accents ! (réponses à la fin de l’article)

1. Ardagh
2. Mullaghbrack
3. Glendalough
4. Claddaghduff
5. Mona vullagh
6. Gortnahoe
7. Knocknarea
8. Knockcloghrim
9. Droicheadnva
10. Shanagolden
Point BONUS : Dun Laoghaire

Quelques tuyaux tout de même :
– Certains mots comportent un nombre hallucinant de lettres qui ne se prononcent pas, ou alors pas de la façon que vous pourriez imaginer. Ainsi, Baile Atha Cliath (Nom gaélique de Dublin) se dit à peu près « Bla Clia »
– Il vous arrivera de voir des majuscules ailleurs qu’en début de mot. Explication : on forme les cas en ajoutant un préfixe (par exemple, « n » pour le génitif). Si c’est à un nom propre, le « n » est placé avant la majuscule, comme plus haut dans hEirinn ou dans Dun na nGall signifiant le « fort de l’étranger » (qui a donné Donegal).
– La lettre « h » après une lettre remplace un point sur cette lettre, destiné à modifier la prononciation dans l’écriture traditionnelle.
– Dans de nombreux noms de lieux et de gens d’origine gaélique, le groupe « gh », se prononce comme un « h » fortement expiré (exemple : Gallagher)

Source Le guide du routard

5. Un petit creux ?

Après toute cette activité physique et cérébrale, je suis sûr que vous avez l’eau à la bouche, c’est l’heure du petit snack qui, s’il n’est pas 100% Irlandais pur souche, se reconnecte au passé colonisé de l’île et tient compte de son héritage britannique. Vous avez alors deux options, que vous pouvez préparer et déguster au son d’un album de Damian Rice :

* version lunch en retard : on se met à la mode SANDWICH dans lequel vous pouvez laisser parler votre créativité mais il devra contenir au moins l’un de ces deux ingrédients (voire les deux) : du CHEDDAR et/ou du SAUMON (irlandais de préférence). Si vous faites le choix de saumon, le CREAM CHEESE est de mise (ou St Moret en français).

* version snack sucré : la tasse de thé noir est nécessaire – pour ne pas dire vitale ! – et il est fortement conseillée de l’accompagner de délicieux SCONES – beurrés, confiturés, au pépites de chocolat, ou nature – dont voici la recette rien que pour vous.

RECETTE POUR 20 PETITS SCONES
500 g de farine pour gâteaux
2 cuillères à café de levure chimique
75 g de beurre à température ambiante
50 g de sucre semoule
20 à 25 cl de lait
2 œufs

PREPARATION
1 Préchauffez votre four à 220°C et préparez 2 plaques en les recouvrant de papier sulfurisé.
2 Dans un saladier, mélangez la farine et la levure, puis ajoutez le beurre en petits morceaux. Travaillez du bout des doigts pour obtenir une consistance granuleuse. Ajoutez le sucre en remuant.
3 Battez les œufs, puis ajoutez le lait sans cesser de battre jusqu’à obtenir au moins 30 cl de mélange. Ajoutez progressivement les œufs battus aux ingrédients secs, en tournant jusqu’à obtenir une pâte molle, plutôt humide et collante.
4 Abaissez la pâte au rouleau ou à la main sur 2 cm, sur une surface farinée.
5 Avec un verre ou un emporte-pièce, découpez des petits ronds de pâte et disposez-les sur le papier sulfurisé, puis badigeonnez-les du mélange œuf/lait.
6 Faites-les cuire 10 à 15 minutes afin qu’ils soient bien dorés et gonflés. Laissez-les refroidir sur une grille, recouverts d’un torchon humide pour ne pas qu’ils se dessèchent.

MON PETIT PLUS
Vous pouvez ajouter à la pâte avant la cuisson les gourmandise de votre choix : raisins secs, pépites de chocolat, cranberries, fruits en tout genre, noisettes ou tout autre noix…
Mon alliance préférée : Chocolat blanc – framboise

source: Le journal des femmes

6. Pause Série TV

Si vous vous êtes fixé une règle de moralité afin que ce confinement ne devienne pas une excuse à la décadence et que vous avez l’obligation formelle (contrat fait entre vous et vous-même) de ne pas boire avant 17h, alors voici de quoi vous occupez avant l’Happy Hour.
En revanche, si comme moi vous vous en foutez des règles, que même avant le confinement boire avant 17h ne vous a jamais posé aucun problème, vous pouvez passer cette étape ou la décaler à un autre moment de la journée.
Bref, voici deux séries irlandaises de deux genres complètement différents, toutes deux disponibles sur Netflix, que je vous conseille vivement.

* Rebellion : créée en 2016 à l’occasion du centenaire du début de la lutte pour l’Indépendance Irlandaise, cette série historique commence aux prémices des Pâques Sanglantes de 1916 et déroule les huit années de guerre qui s’en sont suivies en Irlande (Insurrection de Pâques, Guerre d’Indépendance, Guerre Civile [à venir]). Si l’histoire n’est pas toujours hyper folichonne (on se perd parfois un petit trop dans des amourettes fleurs bleues) et que le jeu des acteurs y est assez inégal, l’Histoire y est racontée d’une façon authentique et accessible, présentant toutes les contradictions de la société irlandaise d’alors, les inégalités d’une caste à l’autre, le nationalisme à chaque échelle, etc…

* Derry Girls : pour les petits et les grands ! C’est encore une « leçon » d’Histoire qui nous est donné mais de façon loufoque et poignante. On suit ici les vies rocambolesques d’un groupe d’ados aux prises avec les Troubles en Irlande du Nord dans les années 1990. La période décrite est tragique mais l’histoire de l’est jamais et on rit de l’innocence cocasse des ces ados qui nous rappellent ceux que nous étions même si nos vies sont si diamétralement opposées.

* BONUS : Je me permets une petite entorse car, si la série ne se passe pas physiquement en Irlande, elle en a un peu le goût et l’accent : les personnages représentés ont des origines irlandaises et les acteurs qui les jouent sont Irlandais purs souches pour la plupart. Tous les Irlandais vous le diront, les Shelby font un peu partie de leur famille…
Peaky Blinders : la série (aussi disponible sur Netflix) nous parle d’une famille de gangsters, descendants des Travelers (gitans irlandais) qui règnent sur Manchester dans une Angleterre encore traumatisée par la Première Guerre Mondiale (les dits gangsters en tête). Ils sont sans foi ni loi, et pourtant c’est leur victoire que l’on défend tout au long des épisodes haletants à la BO incroyable et aux jeux d’acteurs prodigieux.

7. Happy Hour

Je sens bien que vous commenciez à vous impatienter : quand est-ce qu’elle va nous proposer de boire une pinte ?! Parce que parler de l’Irlande sans parler de bière, c’est comme qui dirait un crime de lèse majesté !
Et qui dit happy hour, dit normalement rugby… Je vous proposerais bien de vous regarder un petit match des Six Nations au bord de votre bière mais comme je suis pas magicienne et qu’avec toutes ces conneries, ça a été annulé, je vais pas non plus remuer le couteau dans la plaie ! Je vous inviterai donc à lui préférer une petite bière conf’, concept devenu très en vogue au printemps 2020 ! Slainte !**
Pour ce qui est de votre poison, c’est vrai que ça ne manque pas de propositions en matière de bières irlandaises – ma préférée étant la Smithwicks – mais que, confinement oblige, j’ai bien peur qu’il ne faille vous contenter de la Guinness (je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais trouvé autre chose en grandes surfaces). Peut-être serez-vous plus chanceux que moi et trouverez-vous des O’Hara ou bien de la Kilkenny, marques commercialisées en France. Si c’est le cas, tenez-moi au courant de votre crèmerie, ça m’intéresse !
Bon, et comme je viens pas de vous révolutionner la bière non plus, une petite anecdote sur la Guinness avant de passer à votre prochaine étape. Lorsque l’on vous sert de la Guinness, on fait toujours deux remplissages entre lesquels il y a une petite pause. Savez-vous pourquoi ? Eh bien, la légende urbaine raconterait que Monsieur Guinness en train de se servir une pinte, s’est rendu compte que c’était l’heure de la messe, il a donc laissé sa pinte en plan sur la table, à moitié remplie. Et ce n’est qu’après avoir bien communié avec Dieu qu’il a fait mousser sa pinte jusqu’au bord et l’a bue cul sec (bon d’accord, le cul sec, c’est moi qui l’ai rajouté…).

8. Plateau repas pour une soirée cinéma

Si votre quatrième pinte de Guinness n’a pas été suffisante à vous caler l’appétit, voici trois idées typiquement irlandaises. Et toujours dans la légèreté s’il vous plaît !

* Irish Stew : en d’autres termes un bon ragoût ! La version irlandaise se fait habituellement avec de l’agneau mais bon le principe du ragoût, c’est qu’on peut quand même y jeter un peu n’importe quoi ! Le plus important, c’est que vous n’oubliez pas l’aliment essentiel de toute cuisine irlandaise : les pommes de terre. Et puis, mettez-y quelques carottes parce que ça rend aimable et ça fait les cuisses roses !
(Si vous avez besoin d’une recette un peu plus orthodoxe, c’est par ici)

* Bangers & Mash : autrement dit saucisse-purée (!) que vous pouvez agrémenter de petits pois. Là encore, il y a des saucisses irlandaises typiques mais comme elles s’exportent rarement (même en période de non-confinement), consommez français ! Pour la petite histoire, le plat doit son nom aux pénuries de guerre : le film utilisé pour enrober la chair à saucisse était alors tellement fin que la saucisse avait tendance à éclater (dans un « bang » très sonore) lors de la cuisson.

* Le très British Fish & Chips à faire maison pour plus de fun. Plein de recettes par ici.

Ce joyeux festin peut se déguster devant le film irlandais de votre choix. Pour ma part, j’en ai beaucoup (beaucoup) vus et j’ai beaucoup (très beaucoup) aimés la plupart alors je me vois obligée de n’en citer ici que quatre, essayant de vous faire des propositions bien différentes

* L’Homme tranquille (1952), John Ford : Si vous êtes du genre « âge d’or hollywoodien » et vision romantique de l’Irlande, alors John Wayne et Maureen O’Hara sont vos nouveaux héros. Film culte entre tous les films cultes, il faut regarder ce film au moins une fois dans sa vie et surtout si vous faites le choix d’un jour voyager en Irlande (parce tout le monde va vous en parler une fois sur place, surtout les vieux de la vieille). Pour la faire courte, c’est l’histoire d’un Américain qui vient s’installer sur les terres de ses parents et qui tombe amoureux d’une rousse irlandaise au caractère bien trempée !

* The Magdalene Sisters (2002), Peter Mullan : (âmes sensibles s’abstenir…) Si vous avez le cœur bien accroché et que le confinement n’a aucun effet dépressif sur vous, laissez-vous bouleverser par ce récit poignant. Dis comme ça, je ne sais pas si ça fait vraiment envie mais j’essaie d’être au plus près de la vérité…. Lorsque j’ai commencé à regarder ce film, je pensais m’atteler à quelque chose de léger et joyeux ; la confrontation a donc été d’autant plus violente puisque je n’étais pas préparée à l’horreur psychologique que les femmes ont subis dans les couvents de la Madeleine (c’est de ça dont il est question). Je vous recommande malgré tous d’un jour (si ce n’est pas aujourd’hui) donner une chance à ce magnifique film – certes très dur – mais d’une extrême justesse et dont l’histoire doit être entendue. Ces femmes ont trop longtemps souffert de l’oubli !
Si vous souhaitez quand même leur rendre honneur sans vous sentir l’âme de regarder The Magdalene sisters, vous pouvez lui préférer le film Philomena qui traite le même sujet d’une façon détournée et beaucoup plus « soft ».

* Le vent se lève (2004), Ken Loach : Si vous êtes un inconditionnel de Ken Loach, que vous êtes amoureux(se) (platoniqument ou non) de Cillian Murphy et que vous avez envie de vous en mettre plein les yeux et le cœur, allez vous perdre dans les collines tourbeuses du comté de Cork où l’Indépendance de l’Irlande se prépare dans la passion, la joie parfois et la douleur souvent. Mon film préféré de tous les temps, même bien avant que je ne tombe amoureuse de l’Irlande…

* Sing Street (2016), John Carney : Si vous avez besoin de légèreté et/ou des ados dans le salon, alors ce film joyeux et musical est fait pour vous. C’est l’histoire vue et revue d’un ado qui, pour impressionner une fille, créé un groupe de rock dans le Dublin des années 1980 ; sauf que c’est irlandais, drôle, déjanté, émouvant, juste et sans prétention. C’est parfait ! Je ne vous en dis pas plus, un vrai petit bonbon acidulé !

Mais aussi Le sus-mentionné Testament secret, La Fille de Ryan, Michael Collins, Hunger, L’Irlandais, Jimmy’s Hall, Calvary, The commitments, Breakfast on Pluto, The Boxer, Once….

9. Finir en beauté

On l’oublie peut-être trop souvent (en tout cas, moi je l’oublie parce que je n’aime pas ça!) mais l’Irlande produit aussi un très bon whiskey ! C’est d’ailleurs en Irlande que le whiskey a été inventé puisque c’est Saint Patrick lui-même qui rapporta d’Egypte un engin bizarre, l’alambic – d’abord utilisé pour distiller les parfums – dont les Irlandais détournèrent bien vite la fonction première en fabriquant du whiskey. La seule raison pour laquelle les Écossais ont un jour eu accès à cette recette bien gardée, c’est parce que les lois anglaises interdisaient aux Irlandais de distiller ! Ils n’ont pourtant jamais totalement obtenu l’élégance de la verte Erin : « Plus délicat, plus fruité, plus équilibré, le whiskey irlandais surprend et séduit même ceux qui avaient un jour décrété leur aversion pour le whisky ». Selon les experts du guide du routard, les meilleurs crus sont le Jameson 12 ans d’âge, le Blackbush ou le Bushmills.
Et vous pouvez bien-sûr, en cette fin de journée irlandaise bien remplie, le mélanger à votre déca’ du soir pour une dernière tradition irlandaise : l’Irish coffee.

RECETTE DE L’IRISH COFFEE
Le breuvage se prépare dans un verre à balon, préalablement rempli d’eau très chaude pour l’amener à la bonne température. On verse un tiers de whiskey, deux tiers de café brûlant sucré à la cassonade et, chapeautant le tout, de la crème fraîche qu’il faut doucement couler sur le dos de la cuillère pour qu’elle ne se mélange pas au café. On savoure lentement. Le secret consiste à très bien mélanger le sucre.

Source Le Guide du Routard

Oíche mhaith !***

* « Bienvenue en Irlande ! » en gaélique irlandais
** prononcé « slaontcheu« , « Santé! » en gaélique irlandais
*** « Bonne nuit » en gaélique irlandais

RÉPONSES AU JEU DE PRONONCIATION

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1. Ardagh, préfixe en ARD qui veut dire « haut » : « A(r)da(h)« 
2. Mullaghbrack, préfixe en MULLA(CH) qui veut dire « sommet » : « Moulla(rh)brac« 
3. Glendalough, suffixe en LOUGH qui veut dire « lac » : « Glendaloc »
4. Claddaghduff, suffixe en DUFF (DUBH) qui veut dire « noir » : « Clada(rh)deuf »
5. Monavullagh, préfixe en MONA qui veut dire « tourbe » : « Monavoula(rh) »
6. Gortnahoe, préfixe GORT qui veut dire « champ » : « Gortna(h)o« 
7. Knocknarea, préfice en KNOCK qui veut dire « colline » : « Noknarè »
8. Knockcloghrim, préfice en KNOCK qui veut dire « colline » : « Noklogrim »
9. Droicheadnva, préfixe en DROICHEAD qui veut dire « pont » : « Droaèdnouè »
10. Shanagolden, préfixe SHAN qui veut dire « vieux » : « chènaegoldeun »
Point BONUS : Ne me demandez pas pourquoi ni comment mais Dun Laoghaire se prononce quelque chose comme « Doune Liri« 

Si vous souhaitez continuer à vagabonder l’île Émeraude, lisez mes carnets de voyage irlandais

Saisons des Pluies
Crépuscule Celtique


4 réflexions sur “Spécial Confinement : L’Irlande dans son salon

  1. Dear  » mouseigne » de l occitan mon seigneur.Quel monde fugace de ne pas être une james joycemaniaque.un geant de la litterature moderne Ulysse bien sûr et Gens de Dublin que tu devrais dans tes prochaibs posts analyser maintenant que tu es carcassonnaise de « souche » vu ton assiduité dans les rangees du Domaine de La Roque dans ce monde coriace de la vigne le sang de notre terre.
    Bon confinement et au taf James Joyce first.
    Bogos professeur d amour en retraite

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  2. Ok pour le vent se lève de ken loach.
    En accesit la fille de ryan de david lean
    Un taxi mauve de yves boisset d apres roman de michel deon un « irlandais » de coeur.

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