Comme j’ai tué (toutes!) mes plantes la veille du Nouvel An

BILLET D’HUMEUR #9

Ca fait quelques semaines que j’ai envie d’écrire un article dans ce goût-là : comment j’ai découvert que j’étais passée de l’autre côté de la trentaine (parce que je me suis levée à 5 h du matin pour cuisiner toute la journée pour ma soirée d’anniversaire, pour répondre à mon désir que tout soit fait maison ; quand, pour mes 18 ans, la soupe concombre-vodka et les chips avaient largement fait l’affaire !) mais je n’ai pas pris le temps, l’envie de le faire.

Et aujourd’hui, je me lance parce que l’anecdote que je m’apprête à écrire est tout à fait représentative de (l’un de) mes problèmes dans la vie : je suis en train de faire crever mes plantes parce que je leur ai donné TROP (!) d’engrais… Et je suis dépitée ! Ce naufrage est comme un miroir désespérant de ma vie !

Mais rembobinons… Je suis devenue une obsessionnelle des plantes (nouvelle preuve que je suis passée de l’autre côté de la trentaine…) alors que je n’ai absolument pas la main verte ! C’est étrange, pour moi, avoir des plantes, c’est vraiment le signal que l’on est devenu adulte (c’est fou les idées reçues que l’on se fait) ; alors quand je me suis réinstallée dans un appartement « d’adulte » il y a un peu moins de deux ans, j’ai voulu le garnir de plantes. Résultat : toutes les plantes achetées à l’époque sont mortes (bien avant le coup de l’engrais!) et même celle qui avait résisté à tous les coups durs de la vie est en train de doucement dépérir (elle aussi, bien avant le coup de l’engrais!). On m’a offert une plante pour mon nouvel nouvel emménagement (oui, j’ai déménagé deux fois en deux ans et alors !) et ladite plante n’a tout simplement pas survécu à l’été. Donc, là, pour aborder l’hiver, je tenais à tout donner, à prendre soin de mes petites plantes d’amour.

C’est là que ma mère entre en scène :
– Tu leur as donné de l’engrais à tes plantes ?
– Euh, non, pourquoi ?
– En hiver, c’est important de leur donner de l’engrais, ça les aide à tenir le coup… Moi, c’est ce que j’ai fait.

Ainsi donc, me voilà le 22 décembre à acheter de l’engrais (liquide) pour mes petites plantes d’amour. Quand j’arrive chez moi, chargée de Noël comme le traîneau du Père Noël, la bouteille d’engrais s’explose par terre, faisant éclater le bouchon doseur en plastique : il y a du liquide plein le carrelage. Ca aurait dû me mettre la puce à l’oreille, cette intervention des Dieux…

Mais je ne me laisse pas abattre, je n’ai plus le bouchon doseur magique, je ferai à vu de nez. Première mauvaise idée. Je lis en diagonale les instructions. Deuxième mauvaise idée. Pour voir combien il faut en mettre et comment. Evidement, en diagonale, ça finit toujours de travers. J’ai compris qu’il fallait mettre l’équivalent d’un quart, un demi, un bouchon entier, selon les dosages prescrits. Et je me suis arrêtée là. Troisième mauvaise idée. Je n’ai bien-sûr pas vérifié à quoi correspondait les dosages prescrits par rapport à quoi, à quoi bon puisque je n’avais plus de bouchon doseur magique. J’ai versé un peu d’engrais liquide à même chaque plante, à vue de pif (donc bien plus qu’un quart, un demi, un bouchon entier, selon les dosages prescrits !), me disant que de l’engrais, on n’en mettait jamais trop !

GROSSIERE ERREUR !

Mes plantes font la gueule depuis, toute molasses, elles noircissent, fondent, périssent à petit feu. Même mon chat n’en mange plus pour se purger !

Quand je m’en suis inquiétée à ma mère, qui a vu, effrayée, la gueule de mes plantes, elle m’a demandé de lui décrire précisément comment je m’y étais prise. Après mon récit, elle s’est offusquée : « mais attends, ton engrais, tu ne l’as pas dilué dans ton arrosoir ? »

[Penaude : euh… il fallait diluer l’engrais ?]

– Enfin, maman, tu as déjà vu un arrosoir chez moi ?!

C’est là peut-être, le premier signe que je n’étais pas prête pour les plantes (et donc par extrapolation pour le monde des adultes) : qui peut prétendre avoir des plantes sans ARROSOIR !

Et ma sœur de surenchérir : mais tu n’as pas lu la notice ? (oui parce que, elle, elle adore lire les notices, c’est l’une des qualités qui me fascinent chez elle : moi je n’ai pas la patience!)

C’est donc l’opération sauvetage catastrophe, il me faut arroser mes plantes à grandes eaux, pour essayer de diluer, après coup, le foutu engrais…

Mais je crois bien que le mal est fait et je suis en train d’assister, impuissante, à l’agonie de mes plantes d’amour depuis une semaine, moi qui étais si fière d’en avoir fait refleurir une en cette fin d’année, signe que 2024 était pleine de promesses.

Bref, pourquoi cette dithyrambe sur mes plantes, me direz-vous ? Parce que cette bonne intention est assez représentative de tout ce qui foire dans ma vie (vous noterez que je suis toujours inspirée par la nature quand il s’agit d’en faire des leçons de vie…) : je suis trop volontariste ! Oui j’ai bien écrit trop VOLONTARISTE et pas volontaire, alors que volontariste, ça veut déjà dire trop ; c’est pour vous dire ! On me le reprochait sur scène en tant que comédienne et je ne peux que le constater une énième fois dans ma vie.

Je suis en train de faire crever mes plantes parce que j’ai voulu TROP bien faire, leur offrir TROP d’amour, leur donner TROP d’engrais…

Alors, en cette saison de bonnes résolutions, je vais essayer d’en faire MOINS l’année prochaine, à tous les niveaux, mais surtout, je vais prier de toutes mes forces pour un miracle pour mes plantes d’amour.

Justine T.Annezo – 31 décembre 2023 – GTM+1


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