Onde Sélénite

Qui es-tu, Séléné, dissimulée dans ton vaste diamant blanc ?
Tu apparais dorée au plus près de l’horizon, comme encore empreinte de la lumière du jour. Jouant avec les nuances de bleu dans lesquelles tu distilles tes paillettes de rêves et de protection. Tu nous plonges dans les prémices d’un autre monde où la vision se fait à la fois plus claire et plus opaque. Les contours de notre inconnu nous apparaissent autres. Nous tentons d’ajuster notre regard, de faire confiance à cette nouvelle connaissance que tu nous proposes. Craintifs et un peu incertains, nous tâtonnons dans l’invisible en quête compréhension. Nous sommes entre Chien et Loup de cette plongée sous-marine au cœur du Monde. Au cœur de l’Être.

D’où viens-tu, Séléné, voyagée par tes quatre chevaux d’ombre et de lumière ?
Tirée au quatre vents, tu te pares enfin de tes habits d’argent alors que tu t’élèves plus haut dans la voie lactée, alors que l’ombre de la nuit a englouti tous les paysages et les mortels. Tu resplendis dans ta robe argentée, à la fois ronde et diffuse, et cette fois-ci, nous n’avons plus le choix, nous enfourchons ton chariot lunaire dans l’œil de la nuit.  Nous chevauchons avec toi, messagère des Dieux, éblouis par cette nouvelle perception que tu nous présages au cœur de l’Ouranos, soutenus par la vision transcendante que tu nous instilles au creux de l’Océan. Nous plongeons dans les abysses rêveurs que tu caresses de tes rayons bienfaiteurs, que tu orientes de tes conseils rassurants. Enfants de la Nuit, nous apprenons la puissance de ta magie, nous nous entremêlons au secret de ton Univers.

Que fais-tu, Séléné, éthérée dans le ciel pâle ?
Alors que l’Aurore a fait place au jour éclatant, tu t’invites comme le rappel bienveillant de l’onde maternante dont tu nous enveloppes, reflet blanc dans le royaume de ton frère, le fier et courageux Hélios. Tu nous confies que ta magie ne nous abandonne jamais vraiment, que notre nature lunaire a bien sa place, même sous les lueurs éblouissantes d’un jour de grand Soleil, puisque ton miroir s’entrelace aux rayons du ciel, puisque la crinière de tes chevaux d’argent se répand dans l’air du matin ou de l’après-midi. Enfants de la Lune, nous portons tes forces et tes instincts. Enfants de la Lune, nous protégeons tes rêves et tes espoirs. Enfants de la Lune, nous gardons tes mystères et tes envoûtements.

Mais qui es-tu, Séléné, prêtresse de l’Univers, fille de la Nuit, qui brille pour tous les mortels et les habitants du vaste Ciel ?

Mais, d’où viens-tu, Séléné, suspendue dans ta course, si près et si loin de nous, de ce globe étrange que l’on a un jour appelé Terre ?

Mais que fais-tu, Séléné, gardienne luminescente de nos secrets invisibles, de nos instincts divins accrochés dans les cratères que l’on a un jour nommés Lune ?

Justine T.Annezo – 18 mars 2022 – GTM+1


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s