Ma Reine

Elle avait ce feu dans le cœur. Ce soleil incompressible qui ne demandait qu’à rayonner. Qu’à exploser pour l’imploser. Pour l’explorer. Qu’à se diffuser. Selon les jours l’humeur et la taille de son cœur.

Elle possédait cette lueur doré dans les yeux et cette ardeur flamboyante dans les cheveux. Cette intensité qui émanait d’elle par chaque carillon de rire, par chaque étincelle de malice. Intrépide et courageuse, elle avait le regard enfantin qui faisait d’elle une femme sans âge. Sans arrière pensée et au cœur tendre.

Elle voulait toucher le Soleil, elle désirait être le Soleil. Elle voulait caresser les étoiles, elle exigeait de devenir étoile. Du soir ou du matin. Tout ce qui brillait était comme partie d’elle, immédiatement attiré par son éclat. Ou bien était-ce le contraire. Ainsi, elle était Soleil d’aurore, de plein zénith ou de nadir selon les jours l’humeur et la taille de son cœur. Mais elle n’en était pas moins soleil. Même au plus noir de la nuit, elle éblouissait son monde. Elle éblouissait son ombre.

Souveraine de son cœur et de ses désirs, elle s’élevait sur les rayons de lumière qui la précédaient et la suivaient. Elle brillait sans le faire exprès. Comme une continuité naturelle de son Être. Comme la fleur déploie ses pétales pour se rapprocher des rayons douillets du soleil. Comme la fleur déploie ses pétales pour diffuser sa propre lumière et devenir son propre soleil.

Chacune de ses entrées était fracassante, rayonnante, incandescente selon les jours l’humeur et la taille de son cœur. Hypnotique comme l’étincelle d’amour tant attendue dans le cœur de chacun. De chacune. Dans l’air ambiant de l’environnement. Comme l’étincelle d’amour qu’elle était venue à personnifier.

Car tout son langage passait par l’amour, c’était cela qui la guidait en toute chose et qui lui était rendu au centuple. Aucun argument, aucun contrat, aucune raison d’état ne pouvait résister à ce que son cœur avait choisi. Elle savait au plus profond de son être qu’il était le seul juge qu’il lui faille écouter. Qu’il était le seul référent non pas objectif mais au moins fidèle à qui elle pouvait se fier sans aucune mesure.

Elle était de ces êtres presque divins – et divine elle l’était sans hésitation ! marquée du sceau royal de son âme altière – qui sont si simplement. Point de question sur qui, comment, où. Ils sont car c’est leur cœur qui parle en premier. Le cœur est l’unique battement de leur vie et de leur envie. Rhionnon était de ces êtres-là. Muse inspirante et inspirée, elle était la tisseuse de rêves enflammés.

Et son chevalier galant, son chevalier servant, ne fut pas le dernier à rêver. Envoûté par la noblesse d’âme de sa belle. Par sa force de caractère. Par son pouvoir juste et bon. Ne fut pas le premier à succomber. Parce qu’elle l’avait choisi, il n’avait pas véritablement d’autres choix que de l’aimer. Sans compromis. Sans concession. Sans retenue. Et il n’avait aucunement l’intention de faire un autre choix que de l’aimer elle.

Rhionnon était de ces êtres irrésistibles. Fougueuse. Loyale. Fidèle. Honorable. Tous étaient charmés. Etaient subjugués. Par son étincelle solaire. Par le bonheur qui émanait de son cœur et qu’elle distillait dans l’âme de tout ceux qu’elle aimait.

D’après les contes celtiques sur la Déesse galloise Rhionnon

Baie de Galway

Justine T.Annezo – 7 août 2022 – GTM+2


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